Sujet : histoire locale du Conquet et histoire maritime d'un point de vue plus général. Mise en ligne de mes dossiers constitués à partir de recherches dans toutes sortes de documents et d'archives depuis 1970. Je demande seulement qu'en cas d'utilisation de tout ou partie d'un dossier, la source en soit citée, et que pour une utilisation commerciale j'en sois informé. JPC
L'APRES-GUERRE
Lente reprise de l'activité pêche dans un port en ruines
Jeudi 4 juillet 1946, "Le Télégramme": "Au moment de la Libération les Allemands firent sauter la moitié de la flottille de pêche et tous les ouvrages du port du Conquet, le môle-abri de l'avant-port (ou digue de la Pierre-Glissante), le môle St-Christophe avec sa cale d'accostage, les deux cales du Drellac'h, la cale et l'abri du canot de sauvetage.
Pour permettre aux pêcheurs et marins d'accéder à la cale et au môle St-Christophe, une passerelle construite par les Ponts et Chaussées en 1945, reliait la terre ferme au môle détruit sur 25 mètres. La tempête du 17 décembre dernier aggrava les dégâts en occasionnant une brèche supplémentaire d'une quinzaine de mètres. Les travaux de réparation sont en cours."
Au lieu de prendre de l'ampleur avec le retour à la vie normale, l'activité pêche du Conquet s'étiole.
Le 8 juin 1948, Jean Harlé écrit dans "Le Télégramme": "Il y a au Conquet 22 bateaux à moteur, 14 bateaux à voiles, 72 marins. On part de bon matin sur les 5 à 10 tonneaux, à trois hommes, pour la pêche à la langouste et au homard, en jetant un regard jaloux vers Molène qui a remplacé Le Conquet dans les grandes randonnées vers la côte anglaise. On pousse une petite visite à Béniguet puis c'est tout. La voile elle, demeure près des côtes. L'unique marin qui la largue est le plus souvent un vieux retraité qui s'en va faire une petite provision de crabes et d'araignées. Le poisson qu'on cueille au hasard des pêches sert d'appât et regagne les casiers. »

Le Conquet, le plus petit port de pêche de la côte nord, est sans ambitions, alors naturellement il vit sans crédits.
Statistiques des pêches:
Homards Langoustes Divers Total
1947 12t 21t 16t 49t
1948 13t 9t 86t 108t
1949 12t 7t 67t 86t
En 1938, les apports homards + langoustes approchaient les 89 tonnes
En 1949 on dénombre au Conquet 62 marins pêcheurs pour 32 bateaux, le tonnage moyen des embarcations est de 5 tonneaux, pour un total flottille de 150 tonneaux.

Vers 1950
Bateau clair premier plan à gauche : St-Yves Br 6894, à Yves Le Bris. Premier plan à droite : Ste-Anne Br 6042, à Henri Abily, vendue en 1960 à Charles Bernugat. Derrière, à demi-cachée, Etoile du Nord à François Grovel. Au troisième plan, Br 5671, Asta-Buen à Yves Le Bris (Père de François et Yves). Le bateau a été détruit par une tempête en 1960-61. En arrière plan à gauche, Janua Caeli à Michel Guillimin.
Un drame :
7 juillet 1949: recherche des disparus du « Petite Soeur Thérèse ».
Le patron du canot de sauvetage Docteur Paul Le Dien, est prévenu à 11h50 que le bateau de pêche « Petite Soeur Thérèse » vient de couler en baie de Porsliogan à 1/2 mille de la côte.
Louis Marec, patron du Mon Rêve, témoin du drame, venait après des recherches infructueuses de rentrer au Conquet pour donner l'alerte. Les investigations par le canot de sauvetage n'ont rien donné, on déplore deux disparus : Théophile Minguy et son frère Joseph.
Le soir un scaphandrier de Brest opérant à partir de la gabare Paul-Georges retrouve le petit sloup qui est aussitôt renfloué.
« Petite Soeur Thérèse »: Br 5756, construit en 1935 à Carantec, 4,77tx, moteur 5/6cv à essence. L'épave intacte, sera acquise et remise en état par Charles Bernugat. Le naufrage s'était produit voiles hautes ; suite à cet accident on rapporte que des pêcheurs conquétois dont les navires étaient motorisés, ont sectionné leur mât.
LES TRAVAUX DE REMISE EN ETAT DES OUVRAGES PORTUAIRES SONT TERMINES MAIS LE DECLIN DE LA PECHE AU CONQUET S'ACCENTUE.
1950-51, les travaux de remise en état des ouvrages portuaires sont achevés. Le conseil municipal soutient les pêcheurs dans leur demande d'une meilleure protection du port par l'allongement de la digue Sainte-Barbe. L’administration lui répond: "la valeur du produit débarqué au Conquet en 1948/49 s'élevait à 10 millions de francs, en 1950 elle atteint seulement 6,5 millions, il n'est pas question pour l'Etat de financer l'allongement d'un môle, pour un port ou le trafic pêche est si minime."
Le déclin continue, si en 1950 la flottille conquétoise compte encore 37 bateaux dont 25 sont motorisés. En 1951, elle est réduite à 27 unités dont 21 motorisées. Beaucoup ne sont que des canots montés par un seul homme.
1951 est une année noire pour les pêches côtières bretonnes, à Molène par exemple le métier rapporte si peu que sur 136 pêcheurs, 22 abandonnent pour aller naviguer au commerce.
A l'échouage dans l'est de la cale carrée :
1950, au premier plan, Ave-Maria, Br5341, sloup construit à Plouguerneau, en 1931, pour Menguy Pierre, natif de Brélès. Acquis en 1940 par Yves Marie Lucas, puis en 1946 par Aristide Lucas. Vendu en 1951 à Le Bot, Logonna-Daoulas.
Au 2e plan, Reine des Flots, construit à Plouguerneau en 1931,
pour Balcon François Marie (père) puis fils, moteur Berliet 15 cv, à essence. Vendu en 1952 à Gautret Le Trez-Hir, plaisance.
UN ESSAI DE DIVERSIFICATION: LA COQUILLE EN RADE DE BREST :
Pour essayer de sauver financièrement leur année, un certain nombre de patrons du Conquet achètent des dragues et partent l'hiver 1951-52 faire la pêche à la coquille Saint-Jacques en rade de Brest. Le moteur y est autorisé depuis 1948 mais les puissances ont été bridées à 10 puis 15cv, d'autre part les "motorisés" n'ont droit qu'à une seule drague quand les voiliers peuvent encore en tirer deux.
C'est d'ailleurs un bateau conquétois, le Roturier, qui sera équipé du premier cabestan. "Ce n'était pas une si bonne idée se souvient Louis Marec, on passait notre temps à décrocher du fond les dragues des uns et des autres au lieu de pêcher » 
Ci-contre, photo très dégradée du Roturier
Br 6756, 8,46 tx construit en 1931 à Camaret pour un Molénais, François Tanguy. Moteur 12cv diesel. Acquis par Louis Marec en 1950, désarmé et démoli en 1953.

Le cabestan "bobine horizontale", tournant sur un axe, attelé au moteur du bateau, a remplacé la remontée de la drague à la force des bras. Photo ci-contre prise au Tinduff, rade de Brest.
A la "pointe des blagueurs"* le passé fait les frais des conversations, à défaut d'avenir.
François Péron dans "Ouest-France" du 16 janvier 1953 fait parler François Le Boité, Fanchic et Ny Grovel et d'autres anciens, tous disent " ...voyez-vous le port est vide… trois ou quatre barques... les pêcheurs sont à Brest à la coquille. Ils reviendront bientôt faire le crustacé mais le métier ne paie pas. La langouste et le homard se font rares dans les parages. Les jeunes vont au commerce ou bien en ville où ils apprennent un métier. Du côté de Kerjan il y a plusieurs bateaux à sec qui sont en train de manger de l'argent à se fendre au sec. Il reste aussi quelques ligneurs et il y a un Kerhorre qui dans les îles, au tramail ou à la senne, fait de temps en temps de bons coups de mulets ou de bars."
(*Ndlr : "Pointe des blagueurs" au Conquet, petit mur de la place Saint-Christophe qui surplombe la digue. Appelé aussi "mur des lamentations" ou "quai de la médisance")
La Mouette, sloup à moteur 10/12 Baudouin, 3,48 tx, construit à Camaret en 1943, à Jean Marie Le Bris en 1958.
Il y a peu de choses à dire de la période 1955-68, le nombre des bateaux évolue peu, leur tonnage ne croit que très lentement, le nombre de pêcheurs ne subit pas non plus de grandes variations. L'activité pêche reste la même.
Dernier voilier de pêche professionnelle au Conquet : Baalbeck, un petit sloup "passavanté", Br 6482, à Alfred Le Gall. Il a dû être désarmé en 1962 au Croaé, d'où il a un jour disparu sans trace.
Construit à Labervrac'h en 1931 pour la plaisance. Acquis par Alfred Le Gall en 1945.
LA FLOTTILLE EN 1961
Nom du navire Tonnage
Kanaouen ar Mor 2.58
Jeannot 5.59
Sainte-Marie 5.86

Sainte-Marie, Br7186, construite en 1957 à Brest pour Jean Le Goaster, puis acquise en 1964 par Francis Appriou, et en 1969 par Michel Le Gall. En 1988, le bateau naviguait toujours à la pêche à Lampaul-Plouarzel.
Nd de Lourdes 5.42
Kanaouen ar Mor 3.43
Sainte-Thérèse 2.29
Stereden Breiz 7.41
Baalbeck (dernier voilier) 1.25
St Yves 2.79
Ste Anne 5.51
Marie Claire 1.81
Vigilant Insulaire 7.53

Le Vigilant Insulaire, construit au Conquet en 1928, pour Olivier Floc'h de Quémenes, puis acquis par René Talec. Armé à la pêche par Alexis Vaillant en 1959. On voit passer derrière La Perle à Botquelen.
Etoile du Nord 2.38
Lutin 2.52
Touille 5.59
Anne Marie 3.41
Petite Hélène 6.68
Dom Michel 5.53
Ave Maria 3.81
Jean 1.79
Pax Vobis 2.34
Sainte Anne 2.35
Saint Christophe 1.60
Jackie 1.75
Minick 5.64
Général de Gaulle 2.93
Rien sans Peine 2.14
Elan 4.95
La Tzigane 5.53
Joyeux Pêcheur 15.74

Br 7379, Joyeux Pêcheur à Yves Le Gall; moteur Bolinders diesel 75 cv. C'est en allant le prendre en remorque du côté des Pierres Noires, que le Cs Rigault de Genouilly s'est déchiré sur son berceau au lancement
en 1962 et par suite a été condamné.
RETOUR SUR LA CONSTRUCTION NAVALE : LE CHANTIER MIRIEL 1953-1969
Gilles Miriel associé à Emile Le Bris se lance dans la construction navale au début des années 50
,

Premier bateau : Saint-Yves 2.79 tx, moteur Bolinders 6cv pour Yves le Bris en 1951).
En 1953, Miriel achète à Belbéoc'h sa cabane-chantier du Croaé, il y exercera son activité avec pour compagnon charpentier Eugène Paugam jusqu'en 1969.
Lancement des navires neufs :
Les bateaux construits dans le hangar sont sortis par le camion à Eugène Magueur (véhicule GMC des surplus américains de la guerre), et trainés sur la grève à marée basse. Une planche épaisse saisie sous le flanc et des rouleaux sous la quille empêchent les frottements sur les cailloux. Le flot soulève le bateau qui peut ensuite être remorqué dans un endroit propice à l'achèvement de son armement.
Quelques unités conquétoises sorties de chez Miriel :
1959: Notre dame de Lourdes Br7301 5.50tx mot. Baudouin 40 cv pour Yves Le Bris


Baptême du Nd de Lourdes
1960: Petite Hélène Br7320 6.68tx mot. Baudouin 24/28 cv pour Louis Marec
1964 San Josef Br7370 4.64tx mot. Baudouin 24 cv pour Alexis Vaillant
1964: Stereden Breiz Br7352 7.41tx mot. ? 30 cv pour Yves Quéméneur. Puis André Quémeneur.
Photo JPC vers 1976
Le bateau a reçu une timonerie depuis quelques années déjà.
Br 267679 de 1975.

1964, Gwerc'hez Vari Br7450 4.87tx mot. Perkins 32/35 cv pour Marcel Riou
Etoile du Matin Br7469 5.04tx mot. Bolinders 44 cv, pour Jean Le Goaster, bateau lancé le 14 février 1964, (9e de la série des 8,35 m) .
1965: Christian Marie Br7532 10.70tx mot. diesel 80cv, pour Jean Marie Le Bris (debout à l'étrave)
Tous ces navires sont armés à la petite pêche, aux casiers pour les crustacés, pendant la morte-eau. Ils partent tôt le matin et rentrent dans le courant de l'après-midi ou en soirée. L'hiver ils sont pour la plupart, à la coquille en rade de Brest.
QUELQUES IMAGES DE BATEAUX DE CETTE EPOQUE :
Mari-Franceza, Br 7414, Roger Bernugat a eu ce bateau en 1964-65.
Photo Bernard Rivière
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Petit-Yvon Br 7439 à Charles Bernugat
Photo Bernard Rivière
A quai à la cale Saint Christophe Louison Bobet, patron armateur Gérard Le Noach.
(photo Bernard Rivière). Le bateau a fait naufrage près des Scillies, le 4 août 1965 dans la matinée. Equipage sain et sauf.
(J'en reparlerai).
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Petite-Hélène, photo vers1969, caseyeur lancé au Conquet en 1960, le 16 mai, pour Louis Marec. Moteur 24/28 Baudouin essence à l'origine, puis en 1967 50cv gasoil.
Collection Alain Brenterc'h.
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Au premier plan Santez-Mari, construit au chantier Daniel à Paimpol pour Christian Riou. Au second plan le San Josef d'Alexis Vaillant. Photo JPC 1974.
Br 7439, Petit-Yvon. au second plan, Chantal-Gwenaelle BR 7633, à Jean Claude Lucas (juillet 1968).
Collection Alain Brenterc'h
ESSAIS DE REPEUPLEMENT DES FRANGES CÔTIERES.
CREATION DE CANTONNEMENTS:
Zones réservées interdites à la pêche, cette solution a donné lieu à un essai dans les parages de Molène en 1961. Devant les résultats estimés positifs, une série de cantonnements a été installée le long du littoral. (Le Conquet 750 hectares en 1966).
Dans ces cantonnements on immerge des femelles grainées, de langoustes ou de homards, ou bien des "bébés-homards" élevés en écloseries jusqu'au cinquième et sixième stade, à l'île d'Yeu ou à l'île d'Houat. Les premières larves de homards (âgées d'un ou deux mois), ont été déposées au fond de l'eau par des plongeurs dans le cantonnement du Conquet en automne 1971, environ 10 000 juvéniles. L'expérience s'est prolongée pendant une dizaine d'années puisqu’en 1979, ce sont 20 000 homards qui ont été immergés au Conquet.
Ci-contre, une photo illustrant le 17 février 1971, un article du Télégramme titré :
Les marins-pêcheurs du Conquet :
"Les professionnels ne peuvent qu'être favorables aux cantonnements de crustacés"
Et sous la photo : monsieur J. Audouin, chef du laboratoire de l'ISTPM de Roscoff et un pêcheur du Conquet procèdent à l'immersion de homards grainés
ESSAIS DE DIVERSIFICATION DES PECHES
C'est aussi à cette période 1970-73 que quelques pêcheurs conquétois se sont associés pour travailler les huîtres en rade de Brest. La coopérative qui s'était dotée d'un matériel important, (camion-grue etc..) a dû suspendre son activité en raison de la parasitose des huîtres de la rade de Brest.
LE BOULEVERSEMENT DES ANNEES 1970 :
deux évènements...
1/La découverte (ou la redécouverte) de la fosse d'Ouessant
Un marin-pêcheur conquétois, Yves Le Gall, qui vient de tenter plusieurs expériences de pêche et de transports de crustacés avec un ancien langoustier camarétois l'Enfant-d'Arvor, s'est fait construire en 1969, un bateau rapide à silhouette de vedette: Flèche Blanche, avec lequel il va pratiquer la pêche aux tourteaux aux abords d'Ouessant. Les fonds sont riches, la demande du marché est forte, cette initiative personnelle va bouleverser et dynamiser le petit monde de la pêche conquétoise.

1968, l'Enfant d'Arvor à quai et à couple la Petite Annick, BR7420 à René Normand, puis en 1967 à Jacky Vaillant.
On aperçoit en arrière-plan le San-Josef
Photo collection Alain Brenterc'h
2/Le prolongement de la digue Ste-Barbe
En 1970, on ne recense au Conquet outre Flèche Blanche, que deux bateaux aptes à travailler de l'autre côté d'Ouessant avec un nombre suffisant de casiers et dans des conditions de sécurité convenables: Bonne Marraine à Yves Le Bris et Saint-Mathieu à Henri Minguy.

La Bonne Marraine à Yves Le Bris, armement du 1er juin 1965. Br 7508, moteur Baudouin 100 cv, puis Baudouin 180 cv. Photo Bernard Rivière.
Caseyeur devenu plus tard Sparfel à Marcel Vaillant.
D'autres patrons-armateurs ont peut-être eu depuis longtemps l'envie d'acquérir une unité plus importante? mais l'absence de protection du port les en dissuadait.
Souhaitée depuis 20 ans c'est seulement en 1970 qu'est inaugurée la nouvelle digue Ste-Barbe. Construite dans le prolongement de l'ancien môle pour permettre l'accostage de l'Enez-Eussa, courrier d'Ouessant, elle offre désormais un abri à la "rade" du Conquet et permet d'y installer des corps-morts pour les bateaux de pêche. (Voir dans les sujets de ce blog "Pointe Sainte-Barbe")
Rapidement on voit quelques navires d'occasion venir renforcer la flottille, puis à partir de 1974 chaque année apporte son quota de bateaux neufs ou d'occasion, pour des tonnages croissants et des puissances de moteurs toujours plus fortes.
1974 La Paloma 9.30 tx à Aristide Lucas
Saint-Ronan 14.04 tx à Jacques Le Coz
Santez Mari 8,24 tx à Christian Riou

Ci-dessus : La Paloma BR 157155 en octobre 1974, drague aux coquilles en rade de Brest, photo Ouest-France.
1975 Petite Hélène 15.42 tx à Louis Marec
Azalée 17,16 tx à Louis Provost
Bugel ar Conq 21,70 tx à Joseph Vaillant
Men Du 25,66 tx à Yves Le Bris
Etc...
LES ANNEES "CASIERS":

Casiers et nasses sur la cale Saint-Christophe, photo Bernard Rivière.
Chaque navire mouille maintenant plusieurs centaines de casiers, cette augmentation brutale de l'effort de pêche se traduit immédiatement par un tonnage annuel de prises multiplié par quatre.
De 1958 à 1973, le tonnage total débarqué au Conquet, tourteaux plus araignées varie de 144 tonnes en 1959 année la plus faible, à 360 tonnes en 1969, année la meilleure.
En 1974 les apports ne sont encore que de 488 tonnes dont 330 tonnes de tourteaux, mais en 1975, c'est le grand bond en avant: 1 328 tonnes débarquées dont 1 200 tonnes de tourteaux!
Autres chiffres significatifs: 1972, 94 marins pour 33 bateaux d'une jauge totale de 214 tx
1975, 111 marins pour 31 bateaux d'une jauge totale de 354 tx
Jusqu'au milieu des années 80 la course aux armements continue, les bateaux les plus importants se tiennent juste au-dessous de la limite administrative des 30 tonneaux..
Gwerc'hez Benniget 29 tx, à Marcel Riou
Loo Mazé 27 tx à Louis Provost
Men Glas 29 tx à Jean Le Bris
L'augmentation constante des tonnages et des puissances des moteurs est la conséquence d'une diminution rapide de la ressource. Pour maintenir le volume de ses captures, le pêcheur doit augmenter le nombre de ses casiers, cela passe bien souvent par l'achat d'un bateau plus grand, et la nécessité d’aller toujours plus loin, d'où une remotorisation nécessaire (en 1984 puissance totale de la flottille 4 553 cv, en 1985, plus de 1000 cv supplémentaires!)... Il faut maintenant aux plus gros bateaux plus de quatre heures de route pour arriver aux lieux de pêche.
Augmentation du nombre des marins, du nombre des bateaux, de la jauge totale
1983 110 marins pour 34 bateaux, jauge totale 352 tx
1986 121 marins pour 39 bateaux, jauge totale 477 tx
(La moitié des pêcheurs du Conquet ont alors moins de trente ans)
A SUIVRE JPC
Nb, il est évident que si j'ai commis des erreurs ou des inexactitudes, il faut me les signaler : jean.pierre-clochon@wanadoo.fr